L’acide propionique joue un rôle clé en tant qu’acide gras à chaîne courte (AGCC) dans la fermentation microbienne et la régulation métabolique. Il intervient notamment dans l’inhibition des histones désacétylases (HDAC) et sert de substrat gluconéogénique dans la physiologie intestinale des ruminants et des humains.
Propriétés chimiques
L’acide propionique (CH₃CH₂COOH, PM 74,08 g/mol) est un liquide incolore à odeur piquante (densité 0,993 g/cm³, point d’ébullition 141 °C, point de fusion -21 °C) qui se comporte comme un acide carboxylique de force moyenne (pKa 4,87). Il subit des réactions typiques telles que l’estérification, la bromation α de Hunsdiecker-Von Braun (catalysée par PBr₃ → acide 2-bromopropanoïque) et la formation de sels (propionates de Ca et Na). L’acide propionique est miscible à l’eau et à l’éthanol et est volatil à la vapeur.
Applications biochimiques
Dans le métabolisme du microbiote intestinal, le propionate est produit via les voies acrylique et succinique (Propionibacterium, Bacteroides), activant les récepteurs GPR41/43 pour inhiber la lipolyse et stimuler la libération de leptine par les cellules L du côlon. La gluconéogenèse hépatique convertit le propionyl-CoA → succinyl-CoA → oxaloacétate (production de 9 kcal/mol d’ATP comparé au glucose). En chimie analytique, 0,1–1 % d’acide propionique est utilisé dans les phases mobiles de GC pour le profilage des AGCC. Par ailleurs, la fermentation par les propionibactéries produit du propionate de calcium (0,3 % dans le pain), inhibant la croissance d’Aspergillus et de Penicillium.

