L'hormone de libération de la thyréostimuline (TRH, Thyrotropin-Releasing Hormone), également appelée thyréolibérine, est la première hormone hypothalamique hypophysiotrope à avoir été isolée et caractérisée chimiquement. Il s'agit d'un tripeptide modifié dont la séquence en acides aminés est pyroglutamyl-histidyl-proline amide (pGlu-His-Pro-NH₂). La TRH agit à la fois comme neurohormone et comme neurotransmetteur. Malgré sa petite taille, ce peptide joue un rôle essentiel dans la régulation neuroendocrinienne et exerce de nombreux effets physiologiques dans l'organisme.
Biosynthèse et structure moléculaire
La TRH est synthétisée à partir d'une protéine précurseur de plus grande taille, la préproTRH, codée par un gène à copie unique d'environ 2,6 kb composé de trois exons. Ce précurseur renferme plusieurs copies de la séquence progénitrice Gln-His-Pro-Gly, chacune étant encadrée par des paires de résidus basiques servant de sites de clivage pour les enzymes de maturation. Après sa traduction, la préproTRH subit une série de modifications post-traductionnelles comprenant un clivage endoprotéolytique, l'élimination des résidus basiques par des carboxypeptidases, l'amidation de l'extrémité C-terminale et la cyclisation de la glutamine N-terminale en pyroglutamate. Ces étapes de maturation permettent la production de plusieurs molécules biologiquement actives de TRH à partir d'un seul précurseur. Chez l'Homme, la préproTRH contient six séquences progénitrices de la TRH.
Applications cliniques et utilisation diagnostique
L'analogue synthétique de la TRH, la protiréline, est largement utilisé comme agent diagnostique pour évaluer la fonction hypophysaire et thyroïdienne. Le test de stimulation à la TRH permet d'évaluer la réserve sécrétoire en TSH et en prolactine de l'hypophyse et contribue à distinguer les causes hypothalamiques des causes hypophysaires de l'hypothyroïdie. Après administration intraveineuse, la TRH présente une demi-vie plasmatique d'environ cinq minutes, tandis que les concentrations circulantes de TSH atteignent généralement leur maximum entre 20 et 30 minutes, fournissant ainsi une évaluation fiable de la réponse fonctionnelle de l'hypophyse.

