Lewis X (Lex, CD15, SSEA-1) est un antigène glucidique trisaccharidique dont la structure est Galβ(1-4)[Fucα(1-3)]GlcNAc, fortement exprimé sur les glycoconjugués des cellules souches neurales, des granulocytes et de divers types tumoraux. Ce glycan constitue un marqueur de cellules indifférenciées et module des processus cellulaires clés grâce à son motif fucosylé. Sa biosynthèse implique la fucosyltransférase 9 (FUT9), qui ajoute le résidu de fucose sur les N-glycanes, comme démontré dans des études sur les cellules souches neurales où l’inhibition de FUT9 entraîne une disparition du Lex et une altération de la prolifération.
Fonctions dans le maintien des cellules souches
Chez les cellules souches neurales embryonnaires murines, Lex présent sur les N-glycanes active la voie de signalisation Notch, induisant une augmentation de Musashi-1 afin de favoriser la prolifération et de maintenir l’état de stemness sans déclencher l’apoptose. Pax6 régule l’expression de FUT9, reliant ainsi Lex à l’autorénouvellement et à la neurogenèse au cours du développement cérébral. Lex soutient également l’agrégation et la migration cellulaires dans les cellules souches neurales, soulignant son rôle déterminant dans le développement neural précoce.
Rôles dans l’immunité et l’inflammation
Lex exprimé sur les granulocytes polymorphonucléaires facilite l’adhésion au cours des réponses immunitaires, tandis que son expression sur les monocytes et les lymphocytes activés favorise l’extravasation. Contrairement à son homologue sialylé (sialyl Lex), Lex agit principalement comme un marqueur plutôt que comme un ligand majeur des sélectines dans les processus inflammatoires. Son expression élevée dans les épithéliums normaux souligne par ailleurs sa prévalence physiologique au-delà des contextes pathologiques.
Implications dans le cancer et la métastase
Une expression aberrante de Lex est observée dans certaines tumeurs, notamment le cancer du côlon, le carcinome mammaire et les leucémies, où il participe à la modification de glycoprotéines en association avec le sialyl Lex sur des mucines telles que MUC1. Alors que le sialyl Lex favorise la métastase via la liaison à l’E-sélectine, Lex présente des rôles plus nuancés, les anticorps permettant de le distinguer dans les profils tumoraux. Plusieurs études considèrent Lex comme une cible potentielle pour l’immunothérapie anticancéreuse, souvent en combinaison avec Ley.

